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L´estime de soi, ce sentiment subtil.

  • Photo du rédacteur: Candice Verbist
    Candice Verbist
  • il y a 24 minutes
  • 3 min de lecture

Aujourd'hui, nous allons plonger au cœur d'un sujet qui revient systématiquement dans mon cabinet : ce fameux duo Estime de soi et Confiance en soi. On les utilise souvent comme des synonymes, mais ils jouent des partitions bien distinctes dans la symphonie de notre équilibre psychologique.


  1. Qu’est-ce que l’Estime de soi ?

L’estime de soi n’est pas une question de "pensée positive" ou de se répéter des affirmations devant un miroir. C’est le résultat d'un calcul complexe, souvent inconscient, que notre cerveau opère entre deux variables :


  1. Le Soi Idéal : Ce que je pense que je devrais être (influencé par mes parents, la société).

  2. Le Soi Perçu : L’image que j’ai de moi-même dans l’instant présent.


Plus l’écart entre ces deux points est grand, plus l’estime de soi est fragile.


Les trois piliers de l'estime de soi


Pour vulgariser les travaux de chercheurs comme Morris Rosenberg ou Christophe André, on peut diviser l'estime de soi en trois composantes :


  • L'Amour de soi : C'est le socle. Est-ce que je me respecte inconditionnellement, malgré mes défauts ? C'est l'héritage de nos premiers liens d'attachement.

  • La Vision de soi : Le regard que je porte sur mes qualités et mes défauts. Est-il réaliste ou teinté de sévérité ?

  • La Confiance en soi : La partie "action". C'est la conviction que je suis capable d'agir de manière adéquate dans des situations importantes.


2. La Confiance en soi : Le bras armé de l'estime

Si l’estime de soi est votre "être", la confiance en soi est votre "faire".

En psychologie, on parle souvent d'Auto-efficacité (concept développé par Albert Bandura). C'est la croyance en votre capacité à mobiliser les ressources nécessaires pour réussir une tâche.

Exemple concret : Vous pouvez avoir une bonne estime de vous-même (vous vous sentez digne d'amour) mais une faible confiance en vous pour parler en public. À l'inverse, un grand manager peut avoir une confiance en lui phénoménale dans son travail, mais une estime de soi désastreuse, se sentant "imposteur" dès qu'il rentre chez lui.

3. L'Approche Systémique : Vous n'êtes pas une île

En tant que systémicienne, je ne regarde jamais un individu de manière isolée. Votre manque de confiance n'est pas qu'un "problème interne" ; il est le produit de vos systèmes (famille, travail, couple).


Le poids des loyautés invisibles

Parfois, ne pas avoir confiance en soi est une manière inconsciente de rester fidèle à une étiquette familiale. Si, enfant, on vous appelait "le rêveur" ou "la maladroite", réussir brillamment pourrait être perçu par votre inconscient comme une trahison envers ce rôle familial.


Le feedback du système

Nous sommes dans une boucle de rétroaction constante. Si mon environnement (mon patron, mon conjoint) valide sans cesse mes doutes, ma confiance s'effondre. Le travail en thérapie consiste alors à identifier ces cercles vicieux pour les transformer en cercles vertueux.


4. Les mécanismes de défense qui nous sabotent

Pourquoi est-il si difficile de changer son regard sur soi ? Parce que notre cerveau déteste l'incertitude.


  • Le biais de confirmation : Si je pense que je suis nul, je vais inconsciemment repérer uniquement mes erreurs et ignorer mes succès.

  • L’auto-handicap : On crée soi-même des obstacles (procrastination, manque de préparation) pour avoir une excuse toute prête en cas d'échec. "J'ai raté, mais c'est normal, je n'avais pas révisé". C’est une protection (paradoxale) de l’estime de soi.


5. Comment cultiver ces piliers au quotidien ?

Il ne s'agit pas de "vouloir" avoir confiance, mais de mettre en place des stratégies comportementales.

Stratégie

Objectif

Action concrète

La politique des petits pas

Confiance

Fixez-vous un objectif atteignable à 90% chaque jour.

Le carnet de gratitude envers soi

Vision de soi

Notez 3 choses que vous avez bien faites (pas besoin d'être héroïque).

L'auto-compassion

Amour de soi

Parlez-vous comme vous parleriez à votre meilleur(e) ami(e).

6. Quand l'estime de soi devient pathologique

Attention, une "trop haute" estime de soi peut aussi être un signe de fragilité. Le narcissisme défensif est souvent une armure rigide construite pour cacher un vide intérieur immense. L'objectif d'une psychothérapie n'est pas d'avoir une estime de soi "haute", mais une estime de soi stable et résiliente.

Une estime de soi saine accepte l'échec. Elle se dit : "J'ai échoué à cet examen, c'est désagréable, mais cela ne définit pas ma valeur en tant qu'être humain."


Conclusion

La confiance et l'estime de soi ne sont pas des destinations, mais des processus en mouvement. En comprenant que vous êtes au centre d'un système d'interactions, vous pouvez commencer à bouger un petit curseur pour que tout l'ensemble s'équilibre différemment.


 
 

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